Création Inde 2019

Ahmed comes back

Durée / 

1h15

 

A partir de / 

12 ans

Comment est né Ahmed comes back?

Il faut bien l’avouer, lors de sa création en France, l’accueil de Ahmed revient n’a pas été si facile ; et il en a été ainsi pour de nombreuses raisons, bonnes et moins bonnes.

En premier lieu, il faut considérer qu’une telle entreprise : un acteur qui monologue (avec ou sans masque) cela exige de nombreux ajustements « en public » avant que le spectacle ne soit tout à fait au point. Il faut beaucoup de représentations pour trouver l’équilibre entre texte et gestuelle, les bons ajustements entre lazzis, rires et narration, avant qu’il soit possible de jouer dans la tranquillité indispensable pour accéder au plaisir de l’échange avec les spectateurs. Alors, c’est vrai, à la première, nous étions un peu juste.

Mais il y a aussi une seconde raison, plus complexe, c’est que ce texte comporte une critique virulente de l’excellence de la société française et de ses (fragiles) (in)certitudes (anti)racistes, laïques et républicaines ; avec humour certes, mais tout de même. Un texte qui comporte cette ambition ne peut tolérer que le rythme du jeu et la mécanique du rire ne soient pas infaillibles ; en cas de fragilité (ce qui était notre cas), ça résiste dans la salle (surtout, bien entendu, de la part des français de souche, bons républicains, etc.). La critique s’est même déchaînée de manière exagérée et ridicule envers Alain Badiou, l’auteur de Ahmed revient. Ce qui, soit dit au passage, ressemble en tous points à ce qui s’était passé 25 ans plus tôt lors de la création de Ahmed le subtil, au Cloître des Carmes. Il y aurait de quoi réfléchir sur ce point.

Mais passons. Telle a été précisément notre décision : passer sur tout ça ; pour aller plus loin : là où c’est constructif, là où on avance, là où ça marche. Et il faut reconnaître que c’est la prise de conscience de certaines limites du monde culturel franco-français qui a généré l’idée de jouer ailleurs, dans une autre culture et un autre langage. Il fallait juste accepter de se déplacer et de se transformer. En l’occurrence, par un concours de circonstances favorables, et notamment par la rencontre du traducteur Joseph Litvak ; notre choix s’est porté sur l’anglais, langage universel – tout comme Ahmed qui est le « représentant universel de l’humanité véritable ».

A partir de là, un nouveau travail a débuté. Il s’est d’abord agit d’affiner certains points de la traduction avec Joseph Litvak ; puis il a fallu apprendre le texte en anglais. Cet apprentissage quotidien a provoqué une remise en question de la pièce qui a entraîné un affinement du propos, un grand changement de structure, et de nombreuses coupes. Il y a eu aussi l’impératif de conditions économiques très limitées qui ont finalement eu des conséquences très positives sur le spectacle en le rendant singulièrement léger. Ainsi, nous avons pu jouer sur des scènes vides avec une dizaine de dessins grand format, un costume, un masque et quelques accessoires de plus (le tout contenu dans une valise de 15kg) et une équipe de tournée qui se réduisait en tout et pour tout à deux personnes : un acteur et un plasticien-scénographe-régisseur-son-accessoiriste et homme de confiance (tout ça dans un seul corps) : Jean-François Guillon.

C’est comme ça que Ahmed comes back a vu le jour pour la première fois en Inde, à Auroville, puis à Pondicherry (Tamil-Nadu). La rencontre avec le public était au niveau de nos espérances les plus positives : spectateurs hilares, dotés d’humour, d’intelligence et d’un sens certain de l’auto-dérision ; le message de Badiou est passé. C’est même avec des « standing ovations » que chaque représentation s’est terminée. Puis, le corona est arrivé avec son lot de confinements et nous avons dû reporter la représentation prévue à Ashoka University (New-Dehli).

A présent, nous préparons une deuxième tournée indienne, ainsi qu’une tournée au USA, dans les saisons qui viennent. Bien entendu, la version française, redynamisée par la version anglaise, continue à être disponible sur les scènes françaises.

Quelle que soit sa version, la scénographie du spectacle est simple et légère. Elle est conçue pour être itinérante et s’adapter facilement à tous lieux.

Texte Alain Badiou
Mise en scène Didier Galas
Collaboration artistique Jean-François Guillon (scénographie) et Emily Wilson (jeu)


Musique Joël Grare
Réalisation sonore et régie générale Thibaut Champagne
Lumières Perrine Cado
Costumes Catherine Sardi
Masque Erhard Stiefel


Avec Didier Galas

Coproduction Festival d’Avignon, Théâtre du Fil de l’Eau (Pantin), Théâtre de Rungis.

Avec le soutien du Ministère de la Culture Drac Île de France et de la Région Île de France

Avec l’aide de La Villa Mais d’Ici (Aubervilliers), de La Commune CDN d’Aubervilliers

Résidence à la FabricA du Festival d’Avignon

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