PROJETS

 

LES HAUTS PARLEURS DÉCONFINÉS

Assumons tout de suite que nous, Hauts Parleurs déconfinés ne sommes pas déconfits par la crise du monde du spectacle vivant, bien au contraire. Soulignons déjà que nous ne créons spectacles et performances que sur des sujets qui nous brûlent et en dépit des modes en vigueur. Certifions ensuite que nous avons appris, ces dernières années, à travailler avec peu de soutiens et des coûts de production très réduits. Ajoutons que les petites formes sont devenues pour nous une réalité qui nous enchante car nous aimons jouer dans la proximité des quartiers et des villages pour des gens qui n’osent pas rentrer dans les théâtres des centres-villes. C’est pourquoi aujourd’hui nous affirmons que nous sommes en mesure de faire profiter les théâtres, petits et grands, de nos expériences tout terrain dans des formes très légères.

Nous sommes à la disposition des MJC comme des théâtres nationaux pour frayer des chemins de partages qui passent par une extraordinaire histoire des Winnebagos d’Amérique ou une version clownesque et contemporaine de la Bhagavad Gîtâ indienne… sans oublier François Rabelais, Alain Badiou, Molière et une réflexion sur le masque. De la parole dansante, de la poésie, des histoires, de la danse parlante, de la musique, de la spiritualité, de la politique et de la philosophie ; et toujours, envers et contre tout, du rire, de l’humour et de l’amour.

 

RIEN NE VA PLUS (3ème volet du triptyque Rabelais)

CRÉATION ÉTÉ 2020 - REPORTÉ A 2021 EN RAISON DU COVID-19

Rien ne va plus, en espérant que...

Pour compléter La Vertu Héroïque conférence intimiste sur le thème de l’argent, l’économie et la philosophie, créée à la scène Thélème, et Rabelais versus Nostradamus, conférence performée sur le thème de la prophétie et de la peur de l’avenir, créée à l’Auditorium du Louvre, nous souhaitons couronner le Triptyque Rabelais avec un dernier opus abordant la question des êtres humains et leur relation avec le vivant qui les entoure.

La première phase de notre résidence à la Devinière, maison natale de François Rabelais (aujourd’hui Musée Rabelais) près de Chinon s’est achevée. Pendant 6 semaines, nous avons (Didier Galas & Jean-François Guillon) échafaudé le projet Rien ne va plus : une exposition accompagnée d’une performance. La restitution de cette résidence devait avoir lieu le samedi 8 juin 2021 : performance et vernissage d’une exposition qui aurait dû se tenir jusqu’à novembre 2021. Avec la crise sanitaire du coronavirus, toute cette entreprise est maintenant reportée d’un an, dans le courant du printemps 2021.

 

Rien ne va plus est un projet hybride. Il consiste en l’installation d’une série d’œuvres sur le site du Musée Rabelais et d’un parcours-performance. L’ensemble du projet révèle l’imbrication entre réalité, langage et fiction que l’on retrouve dans l’œuvre de Rabelais. Cette installation sera composée de plusieurs propositions formelles expérimentant le dessin de la lettre et l’écriture du mot dans le lexique rabelaisien. Les œuvres combineront formes végétales et écriture, insectes et signes typographiques, pour offrir une approche contemporaine des notions d’enluminure et de typographie.

La performance permettra d’appréhender la Devinière comme un espace où réel, fiction, langue et pensée s’entremêlent. Ce sera l’occasion de découvrir la parole surprenante de François Rabelais qui, tel un philosophe mêlant humour et poésie (toujours), répondra à nos inquiétudes sur l’avenir incertain de notre planète mondialisée (Rien ne va plus). Et, plus que jamais, après l’explosion de la pandémie du coronavirus, si Rien ne va plus, nous espérons vivement que Tout ira mieux.

Adaptation et mise en scène Didier Galas
Collaboration artistique et scénographie Jean-François Guillon

Informations complémentaires à venir

 

CREATION ETE 2021

M.M, performance autour du masque (tradition, transmission et contemporanéité)

Depuis 2016, Didier Galas, à l’invitation d’un collectif de jeunes acteurs (anciens élèves de l’ERAC où il a enseigné), poursuit un travail dans un laboratoire de recherche autour du corps et de la parole. Un lieu d’exercice et de réflexion.

 

Dans cet espace expérimental, nous élaborons un entraînement physique quotidien à partir d’improvisations corporelles et vocales. La transdisciplinarité est au centre de notre travail. Notre démarche artistique se fonde sur l’interrogation du monde actuel. C’est la raison pour laquelle nous utilisons des techniques contemporaines (looper, vidéo), aussi bien que traditionnelles (masques, textes classiques). Nous présageons que des outils rituels ancestraux comme le masque peuvent faire jaillir une forme novatrice, ancrée dans les capacités émotionnelles de l’humain. Et si la question du corps est pour nous essentielle, c’est précisément, parce qu’il ne peut pas être classé en soi, plus dans le contemporain que dans le traditionnel, et vice-versa.

 

Pour ce type de recherche, le masque est notre guide. Jusqu’à présent, nous travaillons avec des masques de commedia dell’arte.

De cet atelier et de ses expériences, sont nées quelques questions : Comment mettre en scène le masque aujourd’hui ? Comment coordonner le jeu masqué avec les nouvelles écritures de plateau (performance, vidéo, technologie, poésie sonore, danse, improvisations…) ? Comment interroger la tradition et sa relation à l’esthétique contemporaine ?

 

Nous voulons créer un spectacle qui questionne l’utilisation du masque. Pas une pièce avec des personnages masqués, mais une performance, à l’esthétique punk, concrète et post-moderne, qui cherche pourquoi et comment un masque existe sur une scène. Nous allons le confronter à des écritures traditionnelles et contemporaines.

 

Julien Breda, Salim-Eric Abdeljalil, Leslie Granger, Audrey Lopez, Pauline Parigot et Didier Galas ont décidé d’essentialiser leurs recherches pour en présenter une forme spectaculaire.

Informations complémentaires et dates de résidence à venir

 

SUR LE CHAMP

CRÉATION

NOTE D'INTENTION

Didier Galas

Une adaptation contemporaine de la Bhagavad Gîtâ. Dans un espace vide, sur du sable, on retrouve deux clowns, l’un blanc, l’autre auguste, qui s’interrogent sur le sens de la vie, sur la réalité du bonheur, et sur la capacité d’agir aujourd’hui.

« C’est pourquoi il peut être utile, lorsqu’on aborde la Gîtâ, d’indiquer avec précision dans quel esprit on l’approche et ce que l’on pense pouvoir en retirer qui ait de la valeur pour l’humanité présente… rechercher dans la Gîtâ ce qu’elle contient de vérités vraiment vivantes, en dehors de leur forme métaphysique… extraire de ce livre ce qui peut nous aider, nous ou le monde en général, et le traduire dans la forme et l’expression les plus naturelles et les plus vivantes, qui soient adaptées à l’état d’esprit de l’humanité moderne et appropriées à ses besoins spirituels. »
Sri Aurobindo (Essais sur la Gîtâ – 1916)


Et puis il y a eu ce confinement, ce retranchement au bout de la vie, hors de tout, loin de tous. Comme chacun d’entre nous, je me suis retrouvé enfermé avec moi-même, toute activité cessante. Dans ce monde mondialisé, perturbé, retourné et désorienté, j’avais, pour la première fois depuis longtemps, la sensation « d’avoir » du temps. Mais ce bonus de temps était à double tranchant. Comme d’autres, je risquais de me noyer dans l’angoisse confinée d’un raz de marée de fin du monde. Il fallait s’organiser tranquillement – en prenant son temps – pour rester constructif tout au long de
cette période.

 

J’étais au coeur de l’Inde du Sud, dans le Tamil-Nadu, à Auroville, la ville de l’aurore ; une ville internationale, fondée en 1968 sur la philosophie de Sri Aurobindo. Au fond, cette ville aurait aussi bien pu s’appeler Aurobindo-ville. Entre 1916 et 1920, Sri Aurobindo a esquissé son système philosophique à partir de la Bhagavad Gîtâ, un texte qui fait partie de l’épopée du Mahabharata, et qui est un des écrits orthodoxes de l’hindouisme. Il se trouve que, depuis longtemps, j’avais l’intuition que la Gîtâ était une porte d’entrée idéale pour accéder au coeur de cette spiritualité asiatique qui fait que l’Asie est ce qu’elle est, des rives du Gange au royaume du soleil levant. J’avais envie de travailler sur ce texte sacré mais j’avais toujours été empêché par « manque » de temps. Cette fois-ci, l’occasion était trop belle : je m’emparais du texte enrichi des commentaires de Sri Aurobindo et je me mis au travail, avec l’aide précieuse de mon camarade Jean-Paul Sermadiras, confiné lui aussi à quelques dizaines de mètres de chez moi. Jour après jour, sloka après sloka (strophe après strophe), je découvrais dans ces lignes la possibilité d’une réponse courageuse et constructive face à la crise que le monde était en train de traverser. Cette réponse s’adressait à tous. Dès le début du travail, le désir d’un jeu physique, un jeu de clown qui évolue nécessairement dans l’humour m’est aussi apparue fondamentale. L’idée était de faire parvenir au plus grand nombre le message spirituel de la Gîtâ, sans qu’il soit considéré comme une leçon, mais plutôt comme un jeu ; et encore plus avec l’idée de présenter le projet en Europe.


Aujourd’hui, de retour dans une France qui se déconfine progressivement, je relie le texte que je viens d’écrire, j’écoute la récitation du texte original en sanskrit, et je réalise que cette expérience a déjà été pour moi une finalisation indispensable de mes années de formation d’enseignant de yoga Iyengar. Bien sûr, en occident, le terme yoga est dévoyé ; on considère qu’il signifie des séries de postures physiques qui permettent de « garder la ligne » ou de « rester zen ». Sur le champ est un exercice théâtral qui, comme le texte qui l’a inspiré, se situe aux antipodes des concepts mercantiles « d’harmonie » et de « bonheur » que véhiculent les « centres de bien-être » de nos centres-villes. Comme l’écrivait René Daumal, le but du yoga est simplement de transformer profondément l’être que nous sommes afin d’arriver à un « Soi » plus évolué et plus avancé sur le chemin de l’humanité. Rien à dire de mieux, surtout à l’heure où les entreprises culturelles doivent se réinventer en premier lieu sur des bases humaines et non plus seulement sur des questions de rentabilités.

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